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vendredi 24 juillet 2009

Nicolas et Bruno, Christophe et le Travail


Suite au visionnage de la fin du film, "la personnes au deux personnes" (dont je vous parlais ici), puis de "La nuit de la Cogip" (bande annonce) qui semblait avoir un lien étroit avec le film, je me suis renseigné.


Ces deux travaux ont été réalisé par Nicolas et Bruno. Mais qui-ce sont? Nicolas et Bruno n'en sont pas à leur coup d'essai puisque ce sont les créateurs de la série de sketchs "Amours, gloire et débats d'idées" diffusé sur le "Vrai Journal" (Carl Zero) de Canal+ à partir de 1997. Ils sont aussi à l'origine des 318 sketchs intitulés "Message à caractère informatif" diffusé à partir de 1998 dans l'émission "Nulle par ailleurs", sketchs dans lesquels ils reconstituaient les dialogues sur des vidéos d'archives d'entreprises des années 70. Ca vous rappelle quelques chose? Ce sont aussi eux qui ont adapté 99F de Beigbeder au cinéma. Pour les fans de la série The office, Ils ont importé le concept version française sous le nom de "Le Bureau" toujours sur Canal+. A voir donc. La nuit de la Cogip diffusé à partir de ce mois de juillet, est une compilation de leurs meilleurs sketchs et de making off centré autour de l'entreprise fictive qui intervient de façon récurrente dans leurs réalisations : j'ai nommé, la Cogip. Ils ont même créer un site fictif pour représenter cette entreprise sur le web (http://www.cogip-participations.com/). Vous pourrez y fabriquer votre badge indispensable pour pourvoir être reçu. Pour en savoir un peu plus sur la vie de ce duo de choc je vous recommande de lire cet article : http://www.ecrans.fr/Nicolas-Bruno-Mise-en-boite,4396.html


Si vous avez l'âme légère aujourd'hui je vous laisse savourer quelques sketchs de ces deux compères.







Maintenant si vous voulez plonger dans la crasse de notre société, je vous invite à lire la suite.

Dans La nuit de la Cogip, on peut également retrouver une interview (sérieuse) de Christophe Dejours (fondateur de la psychodynamique du travail)(http://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Dejours). Cet entretien intitulé "Le Travail Aujourd'hui: Bilan et Perspectives" constitue l'intérêt principal de cette "émission". Le travail de Nicolas et Bruno n'est donc pas seulement humoristique mais il est très subversif et propose en toile de fond une réelle critique du monde de l'entreprise et du travail dans ses travers actuels. Je vous recommande donc de chercher quelques sources sur ce gus. Il intervient notamment dans l'excellente émission de Frederic Tadei, je veux bien sûr parler de "Ce soir ou jamais" qui a été temporairement interrompue pour les vacances et dont le thème était "Le travail, c'est la souffrance?" où les invités abordent le thème sulfureux des suicides liés au travail. En voici un extrait (http://www.dailymotion.com/video/x3dc8k_csoj-management-par-la-peur-et-suic_news ). Je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui mais son point de vue à le mérite d'être intéressant et surtout novateur, car cette thématique est très peu représenté dans les médias alors qu'elle est au centre de nos vies quotidiennes à tous. Il pense que le management par la peur fonctionne, alors que la mise en place de cette méthodologie a un cout qui n'est pas pris en compte lorsque l'on compare, une situation témoin sans méthodologie de management particulière à celle du management par la peur, la pression ou le stress. Il faudrait en réalité comparer avec d'autres méthodologies volontariste qui à cout égaux seraient beaucoup plus respectueuse des humanités. De même travailler plus longtemps sur une journée s'avère moins productif que de ménager la "ressource humaine" en allégeant le temps de travail et en aménageant celui-ci avec des temps de pause qui respectent, pour commencer, la physiologie de chacun. La sieste par exemple. Deuxième point de désaccord, il répète souvent que le suicide est un phénomène très récent qui était inexistant auparavant. Qu'il soit en augmentation, soit, mais aujourd'hui encore, il est extrêmement difficile de faire reconnaitre qu'un suicide est liée au travail, c'est presque même tabou, alors on se doute qu'auparavant, aucun suicide n'était déclaré comme étant lié au travail, ce qui sans doute devait être à peine concevable (comme c'est toujours le cas). Cela peut tendre à faire croire qu'il n'y en avait aucun? Les déclarations d'accidents étant toujours minimisées ou dissimulées. A suivre.





mardi 21 juillet 2009

La personne aux deux personnes (2008)


Je n'ai malheureusement vu que les 20 dernières minutes, mais j'ai beaucoup apprécié. Les dialogues sont taillés au millimètre en harmonie avec la mise en scène. Très précis et très juste, le timing est parfait. Dynamique, on ne s'ennuie pas. Cette minutie fait rire aux moments souhaités malgré l'apparente lourdeur des blagues. L'aspect graphique quand à lui est très intéressant en plus d'être très soigné. La bande son n'est pas particulièrement remarquable mais s'accorde bien avec le style et le rythme du film. Gilles la personne qui parle dans la tête de Jean Christian sonne juste, j'entends qu'elle a le ton de notre voix off à tous. Ceci est permis par un jeu très poussé des acteurs. Ex : quand Jean Christian téléphone, il dit "c'est la tonalité", et Gilles réplique immédiatement, "c'est le principe du téléphone". Le graphisme donc : tous les éléments contribuent à recréer une ambiance kitch mais décoloré, presque glauque, vide. Et cela n'est pas évident à rendre. Ce travail transcende la pauvreté culturelle du monde de l'entreprise et sa quasi maniaco-fixation sur la performance décomposée sous la forme de multiples sigles et de termes logorrhéiques. Bon sur le scénard de fond, je n'ai pas pu attraper l'image complète (catch the whole picture), mais l'idée de base et son déroulement ne semblent pas être plus mauvais que ceux de n'importe quel film moyen, surtout si l'on imagine que ce concept n'est qu'un prétexte pour développer le jeux des dialogues très fins, travaillé à la vocable près, surtout avec cette sublimation par l'empire, l'univers visuel. Effectivement ce film est une ode au bof, dans son incarnation chez le cadre moyen, il explore la pauvreté de l'âme de l'homme soumis à un esclavage intellectuel dans un monde aseptisé, et cela avec humour. Je comprends donc qu'il puisse paraître insignifiant, gras, ou bien ridicule. Mais je pense voir plus loin que cela. Je parle du travail des artistes qui en sont la matière première. Mais que se passe t'il? Le film vient de se finir et je zappe et tombe sur Canal+ décalé sur une émission appelé la nuit de la Cogip (l'entreprise protagoniste dans le film dont je parle). Je vous laisse pour mater ça, ça à l'air bien niais, parodique, humoristique et décalé pour le coup. Il y a comme un air de déjà vu ("message à caractère informatif")…excellent…

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